Mettre fin aux violences racistes et masculines

Mettre fin aux violences racistes et masculines

Portées par le mouvement féministes et le mouvement antiraciste, ces dernières années ont été marquées par une importante libération de la parole des victimes de racisme et des victimes de violences masculines. Depuis des décennies, les féministes, les citoyens et citoyennes des quartiers populaires alertent sur la brutalité des violences policières, les contrôles d’identité discriminatoires, la non prise en compte des signalements et des plaintes pour violences masculines. 

La banalisation de techniques d’interpellation dangereuses comme le placage ventral ont entraîné la mort tragique de nombreux jeunes dans nos quartiers comme Adama Traoré. Depuis 1977, 746 personnes sont mortes à la suite d’interventions policières ou du fait d’un agent des forces de l’ordre.  

Pour les femmes et les personnes victimes de violences masculines, déposer plainte et obtenir une réponse pénale constitue un parcours du combattant. Seules 12 % des victimes de viol ou de tentative de viol et 5 % des victimes d’agressions sexuelles déposent plainte. Cela souligne que les femmes ne sont pas suffisamment en confiance pour franchir le pas du dépôt de plainte. Il faut donc permettre aux associations, en leur donnant les moyens, d’accompagner et d’aider matériellement, psychologiquement et  juridiquement les victimes de violences.  

Ces chiffres le montrent, l’action politique est centrale si nous voulons mettre un terme à ces violences. Libérer la parole et témoigner ne suffit plus : il faut désormais agir.

Dans ce contexte, les mouvements réactionnaires revendiquent le retour à l’ordre des privilèges et l’abolition de l’égalité des droits. Ils revendiquent le retour à des privilèges que les luttes féministes et de l’anti-colonialisme ont fait reculer ou abolir. Nous faisons face à la multiplication des organisations et groupes d’extrême-droite, notamment au sein de la police et dans l’armée. Les récentes révélations concernant la présence de filières néo-nazies dans ces deux corps témoignent du niveau de danger actuel. Ce danger est d’autant plus réel que face aux femmes et aux antiracistes, les réactionnaires s’organisent pour briser les mouvements pour l’égalité et la justice, instaurer la peur par la menace et faire taire leurs revendications. Lorsqu’elles sont soutenues par leurs gouvernements, comme en Turquie, au Brésil ou en Hongrie, ces franges s’attaquent au droit à l’avortement, à la contraception, légitiment les violences policières, arment d’avantage la police, organisent des politique anti-migratoires…  

En soutenant la nomination de Gérald Darmanin, accusé de viol, au Ministère de l’intérieur, en utilisant le terme de “flux migratoires irréguliers” pour parler des réfugiés afghan.nes ou en ne reconnaissant pas le terme de violence policières, Macron et son gouvernement font figure de paravent pour les forces réactionnaires. Par ces prises de position Macron réaffirme que la lutte contre les violences racistes et masculines ne sont pas sa priorité.

Pour une véritable réforme de la police et de la justice 

Pour en finir avec cette situation inquiétante, nous voulons une réforme de la police, qui interdise les pratiques d’intervention dangereuses et qui sanctionne dûment les exactions racistes. 

Il n’est pas normal que des policiers contrôlent d’autres policiers dans le cas de crimes et de violences policières. L’IGPN doit être dirigée par des magistrats indépendants du ministère de l’intérieur. De la même manière, les affaires de violences policières doivent être systématiquement « dépaysées », c’est-à-dire que l’enquête doit être conduite par des agents qui ne connaissent pas les mis en cause. 

Les pratiques discriminatoires et violentes de certains policiers doivent cesser et être sanctionnées : pour cela ils doivent avoir l’obligation de remettre un récépissé à chaque contrôle d’identité.

Il est temps d’interdire la correctionnalisation des viols, d’ouvrir l’extension de l’ordonnance de protection qui doit être délivrée dans les 24h, de renforcer les hébergements d’urgence et les logements pour les femmes victimes de violence et d’engager une véritable formation des fonctionnaires (policiers, magistrats…) aux violences faites aux femmes. Pour répondre à ces enjeux, 1 milliard d’euros doivent être consacrés à l’éradication des violences sexuelles.